24 septembre 2006

Dans le vif du sujet

Une des choses qui me faisait le plus peur quand je pense à ma (porbable) future vie au Québec n'est pas la solitude. J'y ai de la famille, je suis très sociable et je sais vite m'entourer. Pas peur d'être seul, de toute façon à certains moments j'ai besoin de l'être pendant quelques heures ou jours.
Non, ce qui me faisait vraiment flipper c'était l'hiver. Ce grand ogre blanc et glacial, qui pouvait stopper toute activité avec ses tempêtes de neige, ses températures plus que polaire. Ici on se les gèle quand il fait -4C°. Fallait donc que je me frotte avec, et c'est ce que j'ai fait lors de l'hiver 2004-2005.


Je quitte donc Bruxelles par une température de 4C° un 22 décembre. J'arrive à Paris où il fait 1 ou 2 C° de plus pour aterrir à Montréal sous la neige. Le pilote annonce par la radio de bord -14C° et quelques chutes de neige. La nuit obscurissant le paysage, je ne réalise pas très bien où je suis, ce que je vois. Je suis encore abruti par les 7h de vol, le décallage d'horaire et les quelques verres de pinard bus dans l'avion. Pour tout dire, en sortant de la voiture pour rentrer dans la maison, je ne me suis pas rendu compte qu'il faisait froid.

Après de bonnes retrouvailles avec toute la famille, et une bonne nuit de repos, je me lève aux alentours de 6h30 du mat encore sous le choc du jetlag. On me signale que dehors il fait -23C°. C'est la première fois que je vois ça. Faut que je tente le coup, je ne peux pas laisser passer une occasion pareille. J'enfile un jeans, un t-shirt, un t-shirt à longues manches, un pull, mon polar et une veste de ski. Je ne tiens pas à battre en retraite face au grand froid, il faut que je le regarde face à face, que je me joue de lui. Il faut lui montrer que je n'ai pas peur et que j'ai les armes pour le combattre. On me prévient qu'il ne faut pas que j'oublie ma tuque et mes mitaines. Mon cerveau travaille, sans succès. Enfin la lumière se fait et j'enfile les accessoires requis.

Mes premières impressions sont classiques: Il ne fait pas si froid. Puis tout d'un coup le doute me saisit, je sens quand même le froid piquant sur les parties découvertes de mon corps. Je remonte mon écharpe et abaisse ma tuque pour ne plus laisser apparaître que mes yeux.
Là, ça passe, mais je me demande quand même si cette impression de chaleur ne vient pas du fait que je sois sorti d'une maison chaude et que le temps aurait vite fait de dissiper ce sentiment de bien être. Et puis non, je me promène et cette sensation est toujours là. Je crois que j'ai bien trouvé la parade.

Divers expériences ont confirmé ce permier contact. De la visite de Québec sous la neige, en passant par des ballades dans les bois et les champs, une 1/2 journée en traîneau à chiens, du patinage sur un lac gelé (encore une 1ère pour moi), une ballade en raquettes, une journée à faire du tube et tant d'autres expériences. Ma solution est qu'il ne faut pas avoir peur de mettre trop de couches, de prendre les 3 minutes nécessaires pour s'habiller avant de sortir.


En conclusion, je surmontrai le coup de froid. Mais cela ne suffit pas, il faut aussi tenir la longueur. Si d'autres y arrivent, je suis capable de le faire aussi! Et je pense que la perspective d'un été chaud (pas comme ici) permet de tenir un peu le choc aussi. Ou tout simplement je me trompe. Mais dans la vie, il faut savoir prendre des risques, sinon on n'avance pas!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ha, chouette, un commentaire rassurant. On peut donc survivre à l'hiver québecois, même si on est Belge. J'aime lire des commentaires comme ça :) Mais je ne serai vraiment rassuré que lorsque j'y aurai été confronté moi-même. Et puis affronter le froid un jour ou tout l'hiver, ce n'est pas la même chose :)